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Les détresses
  • Enfants atteints de noma. La tête dévorée, sanglante, bouleversée, hors d’elle-même, mâchoires soudées, l’?il entamé souvent, en brousse ou au village, non recherchés — donc non trouvés — sans moyens puisqu’ils n’ont rien, et sans droits puisque leurs parents, pauvres, ignorent que les pauvres ont des droits, tels sont, ainsi décrits à peine, les enfants atteints de noma.
  • Enfants souffrant de becs-de-lièvre ou d'autres affections du visage.

L'action
Le secours aux enfants martyrs du noma
Le noma est une maladie d'origine infectieuse qui débute par une lésion bénigne de la bouche. Son évolution est foudroyante: en quelques jours ou semaines, sans soins, l'enfant meurt dans 70 à 90% des cas. S'il survit, il gardera de terribles séquelles mutilant profondément son visage et sa tête, et souvent un blocage total des mâchoires en position fermée. Le noma frappe surtout les enfants de deux à six ans, sous-alimentés, affaiblis par des infections récurrentes dues au manque d'hygiène et au dénuement de leurs familles. Paradoxalement, cette maladie, si elle est découverte et soignée à temps, peut être guérie sans séquelles à l'aide d'antibiotiques.
Au Niger depuis 1992, Sentinelles a mis en place une action de secours aux enfants atteints de noma ou souffrant d'autres terribles affections du visage, et laissés sans soins. Dès leur découverte et jusqu'à leur envol dans la vie: traitements sur place ou en Europe, accompagnement familial et social adapté à chaque enfant sur son lieu de vie, en brousse.

La maisons d'accueil de Zinder
Elle permet d'accueillir en permanence, pour une période plus ou moins longue, entre 20 et 40 enfants dont l’état exige des soins précis que les services de santé locaux ne sont pas en mesure d'offrir, et une prise en charge que leur milieu familial ne peut leur assurer. Les enfants y séjournent aussi le temps nécessaire pour les préparer, sur le plan médical et psychologique, aux missions chirurgicales organisées sur place, ou à leur transfert à l'étranger, ainsi qu'à leur réintégration au pays, à leur retour.
À Zinder, nous offrons aussi des consultations hebdomadaires, gratuites ouverte qui sont ouvertes au public et permettent de dépister à temps de nombreux enfants risquant de développer le noma, atteints notamment de gingivites. Des cours d’initiation à l’hygiène et à la nutrition sont également dispensés aux enfants et aux familles, ainsi que des cours d’alphabétisation. Un atelier de formation en couture, ouvert en 2002, forme chaque année 6 à 7 élèves à cette activité, qu'ils pourront ensuite exercer dans leur village.
En 2005, un important projet de construction et d’aménagement d’une nouvelle maison d’accueil va être réalisé à Zinder.

Les enfants suivis en brousse
Les équipes de Sentinelles assurent le suivi médical, nutritionnel et social des enfants dans leur cadre familial, ce qui représente plus de 10'000 km parcourus chaque mois. Les enfants sont scolarisés dans leur village ou, à défaut d'école, dans un autre village. Ils sont alors placés dans des familles d’accueil. Les plus grands recoivent une formation professionnelle ou les moyens d'assurer un petit commerce, l’agriculture ou l’élevage.
Suite à l'invasion de criquets qui a dévasté les cultures au Niger en été 2004, la situation est devenue dramatique pour de nombreuses familles, forcées à l'exode pour assurer leur survie. Nous avons décidé d'apporter une aide d'urgence, par l'achat et la distribution de seize tonnes de denrées alimentaires, destinées aux enfants et familles les plus en danger qui sont suivies par Sentinelles.

Transferts pour soins et missions chirurgicales
Les enfants souffrant de graves séquelles, inopérables sur place, sont transférés en Europe, principalement en Suisse (voir programme des soins aux enfants). Ceux qui présentent des séquelles légères ou moyennes nécessitent une chirurgie moins complexe, réalisable sur place. Ces mission permettent aussi d'opérer de nombreux enfants souffranrt de becs de lièvres. Sentinelles organise deux à trois fois par année des missions chirurgicales à Niamey en collaboration avec l’équipe du Professeur Servant, chirurgien de l’Hôpital de Saint Louis à Paris. En janvier 2005, l'équipe du Professeur Montandon et de la Doctoresse Pittet de l’Hôpital Universitaire de Genève, ont opéré de nombreux enfants à l'Hôpital de Zinder avec le soutien de l’Association d’Entraide aux Mutilés du Visage.
D'autre part, grâce à une collaboration avec Enfants du Monde/Marseille, une équipe chirurgicale du Noma Children Hospital de Sokoto au Nigéria vient aussi opérer à Zinder. Chaque mission dure généralement deux semaines et permet d'opérer environ une quarantaine d’enfants. L'équipe assure à Niamey (1000km de Zinder) toutes les démarches administratives nécessaires en vue du transfert des enfants opérés en Europe, ainsi que les visites de suivi aux enfants vivant dans cette région.

La recherche éthiologique
Un groupe universitaire pluridisciplinaire s’est constitué à Genève en 2002, sous le nom de GESNOMA (Geneva Study Group on Noma) a pour objectif d’entreprendre des recherches étiologiques sur le origines de la maladie. Ce travail se poursuit en étroite collaboration avec l'équipe de Sentinelles à Zinder.

Campagne de sensibilisation
Début 2004, une mission effectuée dans la région de Tahoua révèle une situation catastrophique touchant des enfants de un à quatre ans que nous avons découverts avec le visage parfois totalement défiguré, faute de détection précoce et de soins compétents.
En collaboration avec le Programme national de lutte contre le noma, Sentinelles a mis en route au Niger une campagne intensive d'information, de sensibilisation et de détection précoce du noma afin d'arracher ces enfants à leurs souffrances et à une mort évitable.
Concrètement, les centres de santé sont visités un par un. Une formation à l'aide de supports photographiques et de matériel didactique est donnée au personnel, afin qu'il puisse discerner les signes cliniques de l’apparition du noma, les différentes phases de la maladie, ainsi que le traitement d’urgence à administrer à l’enfant.
Les guérisseurs traditionnels bénéficient, eux aussi, d’une sensibilisation individuelle.
Parallèlement, lors des visites de suivi aux enfants pris en charge par Sentinelles, les équipes médico-sociales poursuivent des actions de sensibilisation au niveau familial et communautaire.



L'équipe de travail

Au Niger : 20 collaborateurs, 2 collaborateurs Gesnoma
À Lausanne : 2 collaborateurs, 1 collaboratrice bénévole


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