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Six ans. Il vit dans un village situé à une demi-heure de marche de Madaoua, à 45 km de l’Hôpital de Galmi. Il y a un dispensaire à 2 km de chez lui.

Sa maladie date de décembre 1991. Elle est relativement récente, mais les séquelles sont telles qu’il a perdu une grande partie de son visage, y compris le nez.

La destruction atteint 5 cm de largeur, 5 cm verticalement, et 6 cm depuis l’angle gauche des lèvres jusqu’en dessous de l’oeil droit. La contracture des mâchoires est partielle, mais le manque de muscles faciaux rend difficile toute mastication. La mutilation du visage a été tellement rapide qu’on n’y a rien compris. C’était pendant la saison des pluies que Kaka Landou (son tuteur) et les autres membres de la famille ont constaté un certain malaise chez l’enfant, qui avait alors cinq ans. Quand il pleuvait, il s’asseyait devant la porte, en la laissant ouverte. Quand on la fermait, il se mettait à pleurer à un tel point qu’on était obligé de la rouvrir. Il prenait alors de la terre mouillée et la déposait sur sa tête et ses cuisses.

Après la saison des pluies, ses joues se sont mises à gonfler, et un gros bouton s’est manifesté. Neuf jours après, le visage s’est mis à se fendiller, d’abord au niveau des lèvres, ensuite au niveau du nez. Le tuteur lui-même l’a conduit à l’Hôpital de Galmi. Il n’a pas voulu écouter le guérisseur, en qui il n’avait pas confiance. L’enfant est resté deux mois à Galmi, mais tout en suivant le traitement, il n’a pas tardé à perdre une partie de son visage.

Le tuteur a tout fait pour que l’enfant guérisse. Il a vendu son champ et son jardin pour payer les soins. Une des factures de l’Hôpital de Galmi s’est élevée à 35’000 CFA (Fr. s. 185.–). L’entourage a perçu le phénomène comme une malédiction. D’autant que l’enfant n’avait jamais eu de problèmes. Il a toujours été en bonne santé, il a toujours mangé avec appétit, il a toujours eu beaucoup de copains, qu’il garde encore maintenant. L’unique ombre, c’est l’émigration de son père au Nigéria, quand l’enfant avait trois ans. Actuellement, Nassourou est très attaché à son oncle et tuteur, M. Kaka Landou.

Il est très aimé au village, il n’y a aucune différence entre lui et ses copains. Il est souvent de bonne humeur, et nous avons pu le constater nous-même lors de cette visite.


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