Les jeunes captifs

Depuis 1987, Sentinelles travaille dans le centre de rééducation pour garçons à Anjanamasina. Manquant alors absolument de tout, tant sur le plan matériel, médical qu'affectif, ils y dépérissaient, parfois jusqu'à la mort.
À l'intérieur du centre, travail à leur secours immédiat: nourriture, soins, de quoi vivre et dormir décemment; à leur encadrement: écoute attentive et activités formatrices et ludiques; et à leur libération: travail avec la famille en vue de leur retour, collaboration avec les juges et mise en route d'un projet de vie. Une fois libérés: formation professionnelle, soutien et suivi familial.
Aujourd'hui, grâce à une bonne collaboration avec la direction du centre et au travail effectué, la vie est devenue beaucoup plus respirable pour les garçons incarcérés.
Les jeunes captives
Secours à de nombreuses jeunes filles, de 13 à 18 ans, détenues, pour de petits délits ou rien du tout, dans des conditions sordides, à la prison centrale d'Antanimora. Obtenir leur libération, puis les accompagner tendrement, le temps qu'il faut, auprès de leur famille ou ailleurs, dans leur scolarité, un apprentissage ou une formation professionnelle.
Au fil des ans, le travail s'est étendu aux enfants qui y vivent avec leurs mères détenues. En 1994, création de deux oasis dans la prison: un atelier pour les activités manuelles et l'alphabétisation des jeunes filles, et un jardin d'enfants. Recherche de solutions d'accueil à l'extérieur pour les enfants.
En 1997, une aide est apportée aux femmes enceintes et leur bébé à naître qui n'ont aucun soutien de leur famille: aide alimentaire et médicale, y compris les consultations prénatales et l'accouchement, trousseau pour le nouveau-né.
Ouverture à fin 2004 d'un nouvel atelier destiné à l'alphabétisation, aux activités manuelles et à la formation des mamans en vue de leur réinsertion sociale et professionnelle.
Le secours aux captives et captifs libérés
Accompagnement fidèle et efficace dès leur libération, afin déviter qu'ils retombent dans les malheurs qui leur ont valu leur captivité. Aide à la réinsertion sociale, professionnelle et familiale. Soutien à la famille s'il s'avère nécessaire.
Une
maison d'accueil voit le jour en 1994, pour les orphelins ou celles et ceux qui n'auraient pas de famille prête à les accueillir à leur libération, ou encore pour les jeunes en attente d'une solution à long terme. Elle accueille aussi des familles venues de loin pour faire soigner leur enfant.
Un
atelier de formation en coupe, couture et broderie, sous la responsabilité d'une monitrice qualifiée, occupe une grande pièce de la maison.
En 2001, notre bail n'est pas renouvelé et nous devons quitter les lieux. Nous cherchons alors, à la place d'un nouveau centre, des familles prêtes à accueillir un ou deux adolescents. Mais, vu les difficultés pécuniaires que rencontrent la majorité des Malgaches, cette solution s'avère impossible. En 2002, nous ouvrons une nouvelle maison d'accueil à Fenoarivo, dans la campagne.
À Ambohidahy, dans nos locaux en plein centre de Tana, nous avons réuni l'atelier, qui offre également une formation sur tricoteuse industrielle, les petits cours et les permanences sociales.
Les
petits cours ont pour objectif de donner des bases solides aux enfants qui n'ont pas pu aller à l'école, ou qui ont de grandes difficultés scolaires, afin de pouvoir les réinsérer dans les écoles publiques. Ou, pour les plus âgés, de leur inculquer les connaissances de base nécessaires pour suivre une formation professionnelle.
Les
permanences sociales, un jour par semaine, permettent aux jeunes et aux familles de venir parler de leurs difficultés aux assistantes sociales, de recevoir des rations alimentaires et autres secours pour les familles dont la situation est particulièrement grave et de bénéficier de consultations gratuites auprès de nos deux médecins.
Les soins aux enfants
Enfants atteints de malnutrition grave, de séquelles de polio, victimes de malformations ou de déformations rachitiques, handicapés moteurs, malades ou blessés, toujours issus de familles très pauvres. Prise en charge des opérations dans un hôpital valable, par des chirurgiens aptes à soigner correctement ces enfants. Installation et fonctionnement d'un petit centre de rééducation motrice. Aide scolaire à l'enfant soigné et souvent aussi à sa fratrie. Formation active et mise en place de petits projets afin de rendre autonomes les mères, les familles ou les enfants devenus grands.
Le quartier dAntohomadinika
En 1992, suite à une demande du comité de quartier, nous fournissons le matériel nécessaire pour la construction, par ses habitants, d'un dispensaire dans ce bidonville privé de tout. Sentinelles prend en charge les salaires de deux médecins pour assurer une aide médicale aux plus démunis, sensibiliser les femmes au planning familial et remettre sur pied des petits infiniment dénutris. Aujourd'hui, ce travail se fait en collaboration avec Terre des hommes qui a ouvert un centre de récupération et d'éducation nutritionnelle (CRENA) dans le quartier.
Nous construisons une petite école, en 1993, pour les enfants non scolarisés (95% des enfants). Les enseignants sont détachés par le secteur public. En 2000, l'État retire les mises en disponibilité des enseignants et l'école doit fermer ses portes. Trois ans plus tard, après de longues démarches et négociations, deux enseignants sont remis à disposition et ce sont à nouveau plus de 100 enfants qui peuvent être scolarisés.
Lobjectif reste cependant louverture dune école publique dans le quartier. Nous poursuivons les démarches auprès des autorités.