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Issue d’une famille de Mangalore dans l’état de Karnataka, Juliana et une très belle femme, mince, élégante, douce, parlant un excellent Anglais. Elle est éduquée et munie d’un certificat de fin d’études. A dix-sept ans, elle est partie vivre chez son oncle à Bombay, en quête de travail et pleine d’espoir en son avenir. C’est là qu’elle a rencontré un jeune homme ami de la famille de son oncle, et malgré la différence d’ethnie et de langue, l’oncle l’a poussée à accepter cet homme en mariage, trop heureux de se débarrasser d’une nièce qui risquait de devenir un fardeau coûteux. De plus, étant donné que qu’il s’agissait d’un mariage d’amour, l’oncle était dans une position de négocier un minimum de frais. En effet, la coutume des mariages en Inde veut que la famille de la femme paie très cher, non seulement en dot, mais aussi en financement de cérémonies, bijoux, habits et nourriture.
Très vite après le mariage, l’homme s’est révélé être un alcoolique qui prenait plaisir à frapper et à brutaliser sa femme. Il la battait même pendant sa grossesse et son comportement qui s’est accentué à l’apparition d’une maîtresse officielle avec qui il vivait la plupart du temps. Afin de rendre Juliana totalement démunie et dépendante de lui, il la surveillait étroitement et refusait qu’elle travaille. Dépourvue de moyens financiers puisqu’il ne lui donnait pas d’argent pour entretenir leur foyer, elle a parfois réussi à se faire engager comme réceptionniste, mais il créait à chaque fois de telles scènes de violence sur ses lieux de travail qu’elle était obligée de donner sa démission.
Dix ans d’enfer et un enfant, Sonny.
En 1998, elle a remarqué un changement dans sa stratégie de violence. Ennuyé par la monotonie de «simplement» la battre, il a arrosé Juliana de kérosène et l’a torturée pendant des heures au jeu de « j’allume, je n’allume pas ». Cette fois, Juliana s’est enfuie avec son fils pour se réfugier au foyer pour femmes violentées à Chembur, tenu par les sœurs Adoratrices.
Afin qu’elle soit en sécurité en l’éloignant de son mari, Juliana a été transférée à Goa et accueillie au foyer pour femmes en détresse de Quepem Ce foyer, ouvert en 94 et soutenu par Sentinelles, est en effet le seul lieu d’accueil pour les femmes accompagnées de leurs enfants. Comme elle avait très envie de constituer une réserve d’argent au plus vite et cherchait un travail domestique bien rémunéré, elle a été obligée d’inscrire Sonny dans un internat pendant quelques années. Dans l’impossibilité de trouver un emploi satisfaisant à Goa, elle est repartie travailler à Bombay en laissant Sunny à l’internat et aux bons soins des sœurs.
Deux ans plus tard, elle est revenue à Goa pour se rapprocher de son fils et s'est remise à travailler tout en prenant des cours. Elle a ainsi obtenu un certificat de cuisinière-boulangère et a également suivi une formation rapide en informatique.
Malgré ses compétences, elle n’a pas confiance en elle et continue à travailler comme domestique, emplois très astreignants et peu rémunérés. C'est une femme calme, travailleuse et intelligente, qui ne demande qu’à vivre avec son fils. Elle n'a pas envie d'être prise en charge toute sa vie, mais elle a encore peur de vivre seule, surtout dans la société goanaise qui stigmatise les femmes seules. Heureusement, son emploi actuel de gouvernante pour une femme âgée lui permet d’accueillir son fils pendant les vacances scolaires, ce qui est un progrès considérable. Très attaché à sa mère qui le lui rend bien, Sunny est un beau garçon très affectueux et plein de vie doté d’une jolie voix et de grands yeux magnifiques.
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