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Juan Carlos travaille à la mine dès l’âge de 12 ans etdevient le principal soutien de la famille jusqu'au jour où il doit arrêter de travailler, à cause de ses fréquentes crises d’épilepsie. Le père est invalide, il vit courbé en deux ayant été touché à la colonne vertébrale dans un grave accident de la mine. Pour nourrir sa famille, il est obligé de mendier dans un village voisin. La maman lave le linge à la main pour quelques familles. Angela, 11 ans, est obligée d’arrêter l'école. Luis Fernando, 7 ans, gagne quelques pesos en apportant quotidiennement leurs gamelles aux mineurs au fonds des galeries.
C’est en 1996 que nous les rencontrons. Juan Carlos a 16 ans et souffre toujours de crises d'épilepsie, diagnostique posé par le médecin consulté, mais dont les ordonnances n'ont jamais pu être appliquées, faute de moyens financiers. Dès cette rencontre, nous proposons à Juan Carlos des soins médicaux et une formation agricole dans notre jardin potager ainsi qu’à son frère. Nous donnons à chacun une petite rémunération, surtout sous forme d'épargne que nous mettons pour eux de côté, disponible pour le jour où ils voudraient accomplir des études supérieures ou ouvrir un commerce. Nous offrons une aide alimentaire pour la famille et la scolarité pour les enfants.
Juan Carlos est un adolescent honnête, sensible (sur le chemin de la maison, il s'arrête pour nous montrer le lieu favori de certains oiseaux aux couleurs magnifiquement vives), consciencieux et désireux d’arriver un jour à faire vivre sa famille. Luis Fernando, pourtant si jeune, se montre très sérieux et serviable.Tous deux collaborent avec Tierra de Vida* dans la mesure de leurs moyens: couper l'herbe autour du foyer, apporter des médicaments à une grand-mère lorsque nous ne pouvons faire le déplacement, etc.
En l'an 2000, Juan Carlos est devenu le bras droit du formateur des jeunes au jardin potager, et il suit l'école en cours du soir. Le traitement régulier et lourd contre l'épilepsie a été interrompu par le médecin à la fin de l'année.
Un an plus tard, il trouve du travail à Medellin, il est indépendant et peut ainsi aider sa famille. Angela obtient son certificat d’études en décembre. Elle trouve du travail dans une famille à Medellin.
La famille est propriétaire d’une petite maison, toujours si propre qu'on en oublie les lézardes qui menacent sérieusement l'habitat. Elle a été construite il y a 63 ans. Le toit, en bambous est si vermoulu que la partie avant s'est effondrée. Il y a des fuites d’eau dans toutes les pièces. Penser à refaire le toit seul n'a pas de sens puisque les parois se fissurent de partout. L'état général est lamentable et la famille nous le rappelle de temps en temps, avec beaucoup de pudeur. Nous leur demandons d'établir un devis, en matériel surtout, puisque les deux fils aideraient grandement dans les réparations. Après un premier budget trop élevé, une proposition plus concrète et acceptable nous parvient. Ils choisissent un toit en éternit, bon marché, mais nous optons pour un de tuiles, en raison de l’infirmité du papa qui passe la plupart de son temps allongé et qui serait ainsi à la merci des chaleurs suffocantes pesant souvent sur la région.
Luis Fernando a mené de fronts deux formations, ébénisterie et mécanique, réussies en décembre 2004. Il ne voit pas la possibilité d’ouvrir son propre atelier car l’investissement serait trop lourd et surtout la clientèle est vraiment trop rare à Minas. Il ne voudrait pas quitter son village cependant le seul débouché est la mine. Il recherche un emploi en ville.
En 2005, Juan Carlos travaille toujours pour la même entreprise d’étanchéité à Medellin dans laquelle il est satisfait. Il songe sérieusement à s’inscrire en cours d’informatique les fins de semaine. Il va se marier dans le courant de l’année.
* nom de Sentinelles en Colombie
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