Projets par pays Colombie

 

Les détresses
  • Enfants mineurs de charbon. Avec un pic trop grand et lourd, couché sur le dos, accroupi ou agenouillé, l'enfant mineur arrache le dur charbon qu'un autre entasse en charges de plus de 60 kg et qu'un troisième traîne douloureusement à la sortie.
  • Familles infiniment pauvres, trop souvent désintégrées, beaucoup de problèmes d'alcool, de drogue, de prostitution et de violence. Petits vieux à l'abandon.
  • Enfants, adolescents et jeunes adultes handicapés ou malades à vie, sans soins ni lieu où vivre et guérir.
  • Enfants maltraités de familles elles-mêmes maltraitées.
  • Les oubliés du monde. Population oubliée depuis des siècles.


L'action
Minas
La libération des «mineritos»
Depuis 1983, Sentinelles travaille au secours et à la libération d'enfants mineurs de charbon. Destinée à scolariser les enfants sortis de la mine et à offrir des classes gratuites à d'autres élèves rejetés de l'école publique, l'école Mineritos voit le jour.

Le Comedor, cantine ouverte en novembre 1984, offre aux enfants libérés du travail à la mine, ainsi qu'à quelques enfants malnutris de la région et à des femmes enceintes ou qui allaitent, un repas complet et équilibré cinq jours par semaine.

Rendus à la vie respirable à laquelle ils ont droit, les ex-petits mineurs de charbon ont la possibilité de faire un travail en plein air et d'apprendre à cultiver fruits et légumes, grâce à la création, en 1989, d'un jardin potager, la Huerta. Cela leur permet aussi de percevoir une petite rémunération. D'autre part, la production du potager alimente la cantine et les foyers. Parallèlement, une boulangerie offre une formation aux jeunes intéressés à ce métier jusqu'à sa fermeture, par manque de débouchés.

En 1997 et 1999, l'école et le jardin sont remis à l'Institution Don Bosco qui ouvre d'autres ateliers: mécanique, ébénisterie, coupe et couture, travail sur métal. Nous continuons d'y placer les jeunes qui désirent suivre une formation professionnelle.

C'est ainsi que, depuis leur découverte en 1983, des centaines de petits mineurs ont été rendus à la lumière, à leur enfance et à leur liberté. En février 2004, notre recherche de petits mineurs nous a guidés vers les mines d’or de Segovia.

Les enfants maltraités
Le Hogar, créé en 1986, permet aux enfants de mères contraintes à une prostitution de survie de vivre et grandir loin du travail et de l'environnement agressif de leur maman. Le foyer accueille aussi d'autres enfants et des adolescents abandonnés ou maltraités, parfois victimes d'abus sexuels.

Un deuxième foyer, créé en 1988, permet de séparer les adolescentes des autres enfants. En 1997, les deux maisons fusionnent et le foyer de Minas accueille dorénavant les plus petits.

Pour les adolescentes, devenues de grandes filles, il était souhaitable, afin de devenir plus indépendantes et responsables, qu'elles poursuivent leurs études à Medellin et ne reviennent au foyer que pour les fins de semaine et les vacances. D'abord en pensionnat, puis en appartement, loué pour trois d'entre elles dès février 2004.

Bogotá

Les jeunes handicapés
Handicapés graves ou malades à vie, les hôpitaux n'en veulent plus et leur famille infiniment pauvre n'en veut ou n'en peut plus. Créé pour eux en 1986, le foyer est leur maison. Ils y trouvent la tendresse, la protection, les soins dont ils ont besoin, et l'école ou un apprentissage. En 1998, c'est une fondation colombienne qui a repris toute la partie accueil et soins.

Sentinelles continue à encadrer et soutenir les jeunes qui ont quitté le foyer, jusqu'à leur indépendance totale.

Sogamoso

Les enfants et leurs mamans
Des enfants de parents extrêmement pauvres, délinquants, alcooliques, drogués et violents. Petits et grands habitent souvent dans des ruines ou des maisons de fortune. Des mamans fatiguées, usées, avec la lourde responsabilité d'une kyrielle d'enfants, l'angoisse engendrée par la misère, l'incertitude des repas et du logement. Souvent battues par leur compagnon, ou elles-mêmes alcooliques, elles se défoulent parfois avec violence sur leurs propres enfants.

Ouvert de 1988 à 2002, le Comedor accueillait la cantine, la garderie, des classes, cours et ateliers destinés aux enfants. Le secours se poursuit désormais, affectueux et personnel, auprès de chaque enfant et de sa famille, selon les besoins qui leur sont propres, par des visites chez eux, à l'école, dans la rue, là où l'enfant et sa famille se trouvent.

Projet d'autoconstruction
Sentinelles a encadré de façon tout à fait particulière 25 mamans, parmi les plus démunies, dans la construction de 25 petites maisons préfabriquées, afin d'en devenir propriétaires. Ces mamans, seules à assumer les charges familiales, ont ainsi pu bénéficier d'un programme gouvernemental d'aide à la construction qui a contribué au cinquième des dépenses totales et Sentinelles à trois cinquièmes. Le dernier cinquième, prêté par Sentinelles aux mamans, est remboursable, sans intérêts, sur une durée entre 17 et 34 mois, selon les possibilités de chacune.

Avec ces mamans: création de leur propre association, organisation de ventes diverses pour trouver des fonds, mise sur pied de petits cours de comptabilité destinés à leur permettre de contrôler et gérer ces fonds. Nécessaires, afin que ce projet puisse voir le jour, ces démarches ont aussi renforcé les liens entre elles.

Les mamans ont mené à bien, ensemble, sous les directives du maître de chantier, l'exécution des gros travaux, du terrassement aux finitions. Elles se sont installées dans leurs murs en mai 2003. Ces maisons ne pourront pas être revendues avant que tous les enfants n'aient atteint la majorité, et la vente ne pourra se faire qu'avec l'accord de chacun d'entre eux.

Pisba

Los Olvidados (Les Oubliés)
Population oubliée depuis des siècles. Région isolée, accessible à cheval, à mulet ou à pied. En 1985, Sentinelles a commencé son travail dans la région: visite mensuelle à chaque famille, aliments, lait en poudre, contrôle médical, soins, soutien scolaire. Promotion réussie d'une petite opération «Jardins potagers», latrines et aide à la construction de logements souvent en proie aux pires intempéries. Il y pleut huit mois par année.

En 1987, ce programme a été interrompu brusquement et repris en 1992, puis arrêté à nouveau en 1997. Les guérilleros et l’armée ont envahi la région et, face à la sauvagerie qui y régnait, nos collaborateurs risquaient leur vie, s’ils continuaient leur travail. La mort dans l'âme, il nous a fallu accepter ce retrait. Aujourd’hui encore, personne n’est prêt à prendre ce risque.

Sentinelles, en Colombie, se nomme «Tierra de Vida» (Terre de vie) sous prétexte qu’au sourcilleux regard de l’Autorité, «Sentinelles» sonne guérilla.


L'équipe de travail

En Colombie
• Bogotá: 1 collaboratrice
• Minas: 9 collaboratrices
• Sogamoso: 3 collaboratrices
• 2 collaboratrices (coordination et administration)

En Suisse
• 1 collaboratrice à plein temps
• 1 collaboratrice bénévole


© sentinelles