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Les détresses
  • Familles trieuses d’ordures survivant sur une décharge publique. Accroupies toute la journée pour ramasser et trier les déchets recyclables – plastique, papier, aluminium, verre, etc. –, ou trouver de quoi manger, les mamans traînent avec elles leurs petits qui apprennent à marcher au milieu des détritus. Dès l’âge de 3 ou 4 ans, ils se mettent à transporter les matériaux récoltés par leurs parents.
  • Enfants malnutris ou malades. En raison de l’insalubrité de l’environnement – manque d’hygiène, échappement des gaz de combustion et du purin de la décharge – ainsi que du manque de nourriture, les enfants naissent souvent malades. Beaucoup souffrent de diarrhées à répétition, de dénutrition, d’asthme, de gale et autres affections parasitaires.
  • Adolescentes et adolescents en danger physique ou moral.

L'action
Olinda
Les enfants et les familles de la décharge
En juin 1994, 80 familles environ habitaient sur la décharge d'Aguazinha, à Olinda. En août, une vingtaine d’entre elles ont pu déménager sur un terrain avoisinant, cédé par la commune, et y construire leurs baraques. D’autres familles ont suivi, d’ici et d’ailleurs, la grande majorité travaillant sur la décharge. Un bidonville est né: Jardim Brasil V. Il fallait d'abord pourvoir au besoin de nourriture et de médicaments. Avec la collaboration d’une doctoresse amie, beaucoup d’enfants et d'adultes ont pu être vaccinés et soignés à domicile. En août 1995, grâce à notre intervention, un dispensaire a ouvert ses portes.
Malgré un projet d’assainissement mis en place en 1998 par le gouvernement, les conditions de travail et d'environnement sur la décharge n'ont pas changé.

Les enfants malnutris
La nécessité d’un centre de récupération nutritionnelle pour de nombreux petits enfants atteints de dénutrition nous a amenés, en mars 1996, à fonder une crèche et un mouvement avec pour nom Sal da Terra. Collaboration étroite avec le dispensaire dont le pédiatre suit chaque enfant. De notre côté, une aide-infirmière, une cuisinière, deux aides ménagères et une animatrice forment le personnel de la crèche qui fonctionne aussi comme cantine pour des enfants qui n’ont pas de quoi manger à la maison. La crèche Sal da Terra accueille chaque jour une trentaine d’enfants, de la naissance à l’âge de 6 ans environ.

La scolarisation des enfants
En 1997, 11 enfants s’étaient rétablis, mais les remettre à leur famille, c’était les renvoyer aux ordures, puisque, n’étant pas en âge scolaire, les mamans les prendraient avec elles sur la décharge. Nous les avons inscrits dans une école enfantine à côté de la crèche. Bientôt une trentaine d’autres petits se sont joints à eux.
En 1999, en raison du manque de place dans les écoles publiques de la région et face au désintérêt de la commune à ouvrir une école municipale dans le quartier, malgré toutes les démarches entreprises, nous avons créé un programme de parrainages scolaires pour permettre à 50 enfants de plus de 7 ans de fréquenter une école privée. En 2003, la commune s’étant finalement décidée pour l’agrandissement de certaines écoles publiques, nous avons pu y inscrire tous les enfants. Certains parrains continuent à financer le matériel scolaire.
En août 2000, nous avons participé à un projet de bourses-école, créé par l’organisation non gouvernementale “Mission Enfant”, ayant pour but de compenser le travail des enfants par l’allocation d’une somme mensuelle aux familles pauvres. En contrepartie, chaque maman a la responsabilité d'envoyer tous ses enfants à l’école, sans quoi la bourse lui sera retirée. 50 familles parmi les plus pauvres ont été choisies, 30 de Jardim Brasil V et 20 de Vila Manchete, un bidonville à proximité. Sal da Terra se charge de la bonne marche du projet et du suivi scolaire. Ce projet a pris fin en juin 2004, mais nous continuons d’accompagner ces enfants.

La formation professionnelle des adolescents
Pour occuper et préparer les adolescents fréquentant l’école, mais livrés aux dangers de la drogue et de la délinquance une partie de la journée, en vue d'une formation professionnelle, nous leur offrons des cours de langues et d’informatique selon leur choix et leurs aptitudes. A partir de la fin de la 8e année scolaire, ils ont déjà la possibilité de recevoir une formation au centre professionnel de Recife, le Senac, reconnu pour offrir les meilleures chances d’insertion dans le marché du travail.

L’alphabétisation des adultes et le planning familial
Le projet des bourses-école a motivé les mères à apprendre à lire et écrire, puisque pour recevoir leur argent à la banque, elles devaient au moins savoir signer de leur nom. C’est ainsi qu'en septembre 2000 nous avons débuté des cours d’alphabétisation, ouverts à toute personne du bidonville.
Avec la collaboration d’une infirmière du dispensaire, nous avons organisé des cours de planning familial pour les femmes et les adolescentes. L’infirmière étant partie travailler à la maternité, c’est là qu’elle accueille maintenant les femmes qui désirent faire la pose d’un stérilet ou la ligature des trompes. Nous faisons le suivi de celles qui optent pour une autre méthode contraceptive.

L'équipe de travail

au Brésil : 8 collaboratrices
en Suisse : 1 collaboratrice bénévole


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