|
|
 |
Enfants laissés par leurs parents entre les mains d'un marabout responsable d'un daara ou internat, pour y apprendre le Coran et les préceptes de la religion.
Exploités et maltraités, ils doivent subvenir eux-mêmes à leurs besoins et à ceux du marabout et de sa famille en allant travailler aux champs ou mendier dans les rues.
Privés de soins et d'affection, ils vivent dans un grand dénuement.
Extrait de rapport d’un collaborateur sur place.
«Dans le daara de Cheikh S, le marabout a sauvagement battu Abdou, jeune talibé de 8 ans.
Les lésions qu'il avait sur son dos s'étaient infectées par manque d'assistance de la part de son frère marabout, à qui cet enfant a été confié.
Abdou a eu la chance d'être découvert par une dame qui vend du café au garage. En discutant avec lui, elle a été sensible au sort de ce talibé et a trouvé que le dos de l'enfant était mal fichu, présentant des plaies qui suppuraient au-dessus d'un amas de croûtes. Elle a fait voir à un monsieur l'état dans lequel se trouvait ce pauvre garçon. Interrogé, il a avoué avoir été battu par son frère marabout, parce qu'il n'avait pas su réciter sa leçon. Ce monsieur a alors pris la ferme décision de le conduire au commissariat de M'bour.
De fil en aiguille, le problème s'est amplifié quand le marabout, Cheikh S a été convoqué par les pandores. Quand il s'est présenté devant l'inspecteur de police, il n'a point nié ce qu'on lui reprochait. Il affirme avoir agi suivant l'autorité qu'il a vis-à-vis de l'enfant. C'est son frère, de même père, et il a l'obligation de le corriger. Même s'il arrivait qu'il le tue, cela ne regarde personne. Sans plus attendre, il a été mis derrière les verrous pendant 48 heures. Il sera jugé et condamné, affirme le commissaire de police, pour non-assistance et sévices corporels infligés à un enfant mineur.
Le commissaire de police nous a contactés par téléphone, de par notre action au secours des talibés, et nous a confié la garde de l'enfant. Depuis ce jour, il se fait soigner au centre de santé de M'bour. Ses parents étaient venus de Dioloff pour le chercher, mais il fallait d'abord s'occuper de ses soins avant de leur rendre l'enfant.
Les marabouts se sont mis en conclave pour suivre de près ce problème qui fait écho dans la ville et en dehors. Nous n'avons rien à faire avec les fondements religieux notre devoir est de venir en aide à l'enfant. Le problème que nous avons à régler relève de la responsabilité de la justice. Il y a encore bien d'autres enfants talibés comme Abdou victimes d'injustices et de maltraitance et nous sommes là, prêts à agir pour leur secours.
|
|
|